Je suis avocat du Président HH. On pourra à ce titre, me soupçonner de vouloir poursuivre mes actions de défense ici, cela n’est point le cas. Je pense que l’opinion, surtout africaine a besoin de comprendre :
1) Le Président HH a été renversé à la fin des années 90 par Idriss DEBI, celui là même qui a été son principal collaborateur notamment en ce qui concerne les affaires militaires en sa qualité de Chef d’Etat Major des Armées.
2) Le Président HH, une fois qu’il a perdu le pouvoir à N’Djamena, est venu se réfugier au Sénégal qui lui a offert son hospitalité et l’a traité comme un réfugié politique. Pour ce qui concerne les personnes de cette catégorie, elles bénéficient d’un statut particulier et sont astreintes à des obligations spécifiques contraignantes.
Le Président HH s’y est plié et sans aucun reproche.
3) Plus de dix ans après, des personnes tchadiennes que l’on fit installer en Belgique pour leur faire ensuite acquérir la nationalité de ce pays, ont saisi le juge belge d’une plainte contre le Président HH pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, tortures.
Sur cette base, la justice belge a demandé au Sénégal de lui extrader le Président HH.
4) La justice sénégalaise, obligatoirement saisie dans ce genre de procédure s’est prononcée en disant non à cette extradition. Cette justice a pour ce faire, reconnu le statut d’ancien Chef d’Etat au Président HH et a indiqué que celui-ci ne pouvait pas être extradé.
Cette décision pourrait bénéficier aussi bien aux Présidents Abdou DIOUF que Abdoulaye WADE s’il leur arrivait d’être inquiétés plus tard, dans des affaires en rapport avec la période de l’exercice de leurs pouvoirs.
5) Une seconde fois, d’autres tchadiens sont venus saisir un juge d’instruction au Sénégal pour porter plainte en reprochant les mêmes infractions au Président HH.
6) Là également, la justice sénégalaise leur a répondu que ces poursuites ne pouvaient connaitre de suites, en raison de ce qu’aucune des infractions visées par la plainte n’étaient prévues par les lois sénégalaises.
7) Ces deux décisions sont devenues définitives et ont acquis ce que l’on appelle en droit, l’autorité de la chose jugée, c’est à dire, sauf circonstances ou faits nouveaux, l’on ne peut plus y revenir.
Le fait nouveau pour le Président WADE, c’est qu’il a fait deux demandes précises :
– la première, obtenir un mandat de l’Union Africaine pour juger le Président HH ;
– la seconde, obtenir 47 milliards de F.CFA pour organiser ce procès pour le Président HH ;
8) Le mandat donné par l’UA a été jugé illégal par la Cour de Justice de la CEDEAO tout comme le fait pour le Sénégal de modifier sa Constitution mais aussi ses lois et règlements dans le seul but d’y incorporer les infractions nouvelles qui n’y étaient pas pour permettre de juger le Président HH.
9) Ce sont ces illégalités que la Cour de Justice de la CEDEAO va devoir prononcer le 17 octobre prochain pour empêcher au Sénégal et à WADE de solliciter la Communauté internationale pour lui demander 47 milliards de F.CFA pour le seul procès du Président HH.
Cette somme pourra servir à nourrir, soigner et éduquer beaucoup d’enfants africains y compris au Sénégal et au Tchad.
10) Mais, quid de l’Union Africaine et de sa doctrine qui se dresse contre la mise en oeuvre de toutes mesures par la CPI à l’encontre du Président Béchir du Soudan, de cela, le Président WADE en est à oublier ses connaissances d’avocat et de juriste ?