D’un Premier Ministre à un autre…la République en continu

Au-delà de Oumar Tatam LY qui n’aura malheureusement pas eu le temps de mettre sa méthode de gouvernance en place, mais qui aura au moins eu le mérite de prendre cette instruction http://www.maliweb.net/gouvernement/instruction-n-001-du-premier-ministre-oumar-tatam-ly-vraie-raison-dune-demission-240262.html désormais applicable pour recruter les dirigeants de structures publiques et parapubliques. Une telle procédure devrait inspirer tout le monde et être à la base du choix des dirigeants dans notre pays. Simplement, encore faut-il que les uns et les autres se mettent en symbiose pour croire en une telle démarche et lui assurer sa mise en oeuvre.

Le challenge aujourd’hui pour le nouveau PM Moussa MARA, plutôt généralement bien inspiré est de reprendre cette procédure qui a cours encore et de la mette en œuvre pour la généraliser en matière de gouvernance publique, tant au plan national que local.

Le plus dans une telle démarche, c’est qu’il s’agit de choisir des dirigeants à la tête de structures politiques, particulièrement de structures dont la vocation est de rentabiliser et de fructifier la mise de départ, dans les mêmes conditions que sur le marché.

Plusieurs personnes se sont prononcées sur la qualité des prestations de services de certains Etablissements Publics à caractère Industriel et Commercial (EPIC), Etablissements Publics à caractère Administratif (EPA) et autres au nombre desquels le CHU Gabriel TOURE, l’Office de radiodiffusion et Télévision du Mali, les Aéroports du Mali, toutes les directions nationales, régionales comme cette dernière qui a adressé un courrier de réprimande à un Client, dont le tort a été de mettre en marche un groupe électrogène dans un établissement hôtelier de premier plan de la ville, contraint de satisfaire sa clientèle, contre les coupures intempestives de la société Energie Du Mali (EDM), société unique et exclusive d’énergie (à l’exception des petites rurales), incapable de fournir convenablement le courant électrique, produit à des coûts exorbitants, devenu une denrée rare et extrêmement rare au Mali. Contre une telle défaillance sans cesse continuelle, l’incapacité est constante et n’a jamais été jugulée alors même que la moitié des cadres de EDM se sont déjà relayées à sa tête en qualité de directeur, sans jamais arriver à régler le souci énergétique des maliens…Imaginons un appel à candidature à la tête de cette structure, peut-être que le courant va toujours manquer, mais sans doute moins lorsque l’on sait qu’au bout, on est évalué sur ses propres capacités à manager et surtout sur les engagements que l’on a soit même pris.

Tous  les jours des gens crèvent dans nos hôpitaux pour des actes mal administrés, jamais évalués ni avant, encore moins après puisque l’exhumation et l’autopsie sont « haram » absolu dans ce pays. La mort est causée par dieu même à l’occasion d’un grave accident, causé par un mauvais état des freins d’un camion pourtant contrôlé et bien contrôlé dès l’entrée de la ville par des policiers en faction, plus intéressés par le gain indûment prélevé sur le chauffeur que par le contrôle des documents de son véhicule en plus volé et en circulation au Mali.

Allez faire un tour dans les toilettes des Aéroports du Mali, même pour une minute, vous suffoquez et les plus enclins aux maladies du cœur et ceux exposés à l’asthme risquent la mort.

Le  choix des hommes au mali se fait sur des critères qui n’ont absolument rien à voir avec la règle et sur des bases objectives.

Le PM Moussa MARA est conscient que la justice passe par là. Cette justice est aujourd’hui malmenée à tout va et il se trouve aussi bien des brebis galeuses parmi les juges que parmi les principaux animateurs de la maison justice qui s’adonnent à un triste spectacle de vindicte et de grand déballage de choses et d’autres qui ne grandissent personne parmi eux. Cela devrait s’arrêter de la même manière et avec les mêmes remèdes que l’autre grand malade, l’éducation nationale, en soins intensifs à la suite de diagnostics rapides et je crois efficace.

Le PM Moussa MARA n’a pas commencé encore véritablement que les méthodes qu’il préconise sont de nature à penser qu’il sait d’où il part, pour se frayer le chemin, nécessaire pour lui pour arriver à régler ces nombreuses attentes des maliens dans le besoin qui s’expriment, et s’expriment même violemment.

Le pouvoir n’a pas d’autre choix que de les entendre, de les écouter et, en l’absence de réponses immédiates, d’être capable de créer, voire de susciter l’espoir.

A  quoi peut servir une société civile dans une dynamique ou le PM Moussa MARA semble bénéficier d’un à priori favorable ?

Le droit de critiquer est absolu. Simplement, une critique, même acerbe devrait commencer par les points de la critique, les raisons de la critique et les solutions que l’on préconise plutôt que d’autres. De cette manière, les nombreuses idées qui sont avancées ici et là sur la toile tr !s généralement peuvent être facilement exploitables pour des gouvernants de bonne foi et qui sont prêts à nous entendre et à nous écouter. Ils sont rares en situation de responsabilité d’accepter de venir à la confrontation toujours.

Malgré tout, quelque soit la sympathie vis à vis du PM Moussa MARA dont la côte de popularité est très hight sur les fora, nous devons être à même de tirer la sonnette d’alarme et d’attirer l’attention des dirigeants du jour sur les dérives possibles et potentielles.

Moussa MARA ne devrait pas s’imaginer PM il y a quelques semaines et l’évolution politique a fait que c’est lui qui est en place. Les défis devant lui sont aussi nombreux que les obstacles d’ailleurs. Un PM, quelque soit sa loyauté, rentre en compétition avec l’auteur du décret le nommant, le lendemain de sa nomination. Ensuite, la jeunesse qui devrait être un atout, va sans doute constituer une difficulté pour le PM Moussa MARA qui devrait arriver à imprimer son style, sa marque et sa méthode dans une structure gouvernementale, incompréhensiblement large, composée de gens qui étaient aux affaires alors que Moussa était adolescent.

Je suis de ceux qui pensent que l’âge n’attend point le nombre des années.

Bon courage Moussa, tiens bon, donne le meilleur de toi même en ne te posant pas beaucoup d’autres questions que celles qui consistent à évaluer le chemin entre l’acte de gouvernement et le bonheur des maliens.

Ce n’est jamais trop demandé, mais ce peut être trop payé et c’est l’option que tu as fait, que le tout puissant veille sur toi et t’accompagne…Merci Thierno pour le service rendu à la République

Mamadou I KONATE

Avocat à la Cour,

Président de TICS du Droit