A Mon Jeune Confrère, Mon Jeune frère, Mon Cher Ami, Hamidou Lahaou TOURE,

D’Afrique du sud où je me trouvais, j’ai reçu un texto venant de Monsieur le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Barreau du Mali, m’annonçant ta regrettable disparition, à la suite, m’a t-on laissé entendre, d’un accident de la circulation routière. Cette annonce m’a fait froid dans le dos et j’ai juste eu le temps de passer en revue ce visage, le tien, rayonnant que j’avais encore rencontré il n’y a pas longtemps, à l’occasion de la cérémonie de prestation de serment des jeunes avocats dont tu étais l’un des plus brillants. J’ai apprécie ton attitude qui t’a fait attendre la fin de l’accomplissement d’une formalité administrative de dernière minute, pour être pleinement inscrit au grand tableau et jouir de ce qui était ton mérite : Être Avocat comme bon de tes Confrères. Je me suis souvenu de cette première rencontre, la nôtre, à la suite d’un papier que tu avais fait sortir, pour commenter une décision de justice dont j’avais été partie prenante en tant que Conseil du Client impliqué. Tu avais, même si je ne partageais pas ton opinion, fait assortir ton papier d’arguments tant en droit que de fait que je te contestais. Je me souviens de cette première fois, à l’occasion de ton premier concours pour devenir Avocat. Tu ne semblais pas très d’accord avec les suites de ta participation malheureuse à ce concours. Je t’avais gentiment recommandé de t’engager plus, ce que tu as fait avec abnégation la fois suivante. Tu as été reçu et brillamment. Je n’avais de cesse de te recevoir au sein de mon cabinet, pour discuter, échanger et tu n’as pas hésité à t’opposer aux opinions que je pouvais être amené à brandir sur tel ou tel autre sujet. Calmement mais fermement, tu argumentais. Il t’est arrivé de revenir me voir pour me dire “grand frère”, je pense que sur ce point-ci, tu as raison. Je t’ai vu, écouté, observé et je te prédisais un grand avenir, un avenir radieux, digne de ces jeunes avocats qui grandiront pour devenir des plus grands, plus que des grands, des ténors d’un barreau qui le leur en demande. Ton intelligence est une évidence, ta connaissance de la matière juridique te donnait l’attitude des juristes émérites, surs d’eux mêmes, en parfaite concordance avec le sujet qu’ils ne laissaient jamais les dompter, mais maitrisaient le sujet et connaissaient l’objet également. Ton humilité disputait à ta gentillesse. Ta foi était ardente au travail mais également dans la religion. J’en ai été témoin lorsque l’on m’a demandé de venir dans un débat à l’ORTM sur le sujet de la charria, que je ne me sentais pas capable et que j’ai communiqué ton nom. Te regarder parler de ce sujet et en bambara sur l’antenne de l’ORTM m’a séduit. Tu étais pour moi, cette espèce de tas de qualités qui me donnaient des réelles occasions d’admiration vis à vis d’un jeune confrère que je voyais pointer et très fort. Hélas, tu n’iras pas plus loin que cette vie qui t’a été confiée et que le tout puissant vient de t’enlever. Lui est le plus fort, lui est le seul tout puissant, lui peut tout, y compris arrêter la vie d’un être si remarqué et si remarquable que tu étais et que tu ne seras plus que dans nos pensées et nos souvenirs. Je voudrais te saluer jeune Confrère et te dire combien que je t’ai porté dans mon coeur, Confraternellement, Fraternellement et très Amicalement. Tiens bon là où tu es, sois aussi digne là bas que tu l’as été ici. Je suis fier de toi. Dors en paix Hamidou, Sois en paix Lahaou parce que tu étais l’un des meilleurs TOURE.

Sentiments Profonds

Ton Confrère et Ainé Mamadou I KONATE qui te salue bien bas