Sidiki GUINDO est un jeune ingénieur statisticien malien. J’ai eu plaisir à le rencontrer. Il a été formé dans des écoles maliennes. Plusieurs fois major de promotion, il a poursuivi sa formation dans une école de statistique en Côte d’Ivoire.
Il est et travaille à Dakar où il a réussi à s’installer, encore modestement à mon gout et tente à faire son petit bonhomme de chemin. Il a eu l’occasion d’exprimer quelques analyses à l’occasion du dernier scrutin sénégalais et a indiqué des chiffres aussi exacts qu’il les a exprimés pour le premier tour de l’élection présidentielle au Mali.
De manière plus affinée, il va au-delà des chiffres et donne des éclairages sur les intentions de vote, mais aussi l’opinion des électeurs sur tel et tel candidat, leurs points forts et leurs points faibles. J’ai été ravi de l’entendre indiquer encore la veille du scrutin malien, l’impossible victoire au premier tour. L’avant-veille de cette élection, il a envoyé une équipe faire un travail de terrain qui lui a permis de peaufiner ces chiffres et les scores des uns et des autres. Je constate qu’il y a vu pile poil au regard des scores communiqués.
Au constat des chiffres officiels qui vont sans doute être les chiffres définitifs, au regard de l’absence d’engouement à contester dès lors qu’il y a un second tour aujourd’hui, il y a lieu de constater que la démocratie malienne est malade dans sa tête, malade dans son corps et malade de ses acteurs qui l’animent et qui ressentent un tel “mal être” qui est si profonde qu’ils peinent à prendre le contrôle du citoyen-électeur, qui continue comme une carpe, de lui passer sous la main.
Sur vingt huit candidats engagés dans le cadre de la plus grande élection-compétition nationale, seuls deux d’entre eux arrivent à se tirer du lot pour atteindre un score de plus de 20% pour le premier et de moins de 20 % pour le second.
A propos de ces deux candidats qui sont d’ailleurs ceux-là qui se maintiennent au second tour, ils sont quasiment les plus anciens sur la scène politique malienne post-démocratie, à l’exception de Mountaga TALL, Tiéblén DRAME et Modibo SIDIBE.
A quelques exceptions près encore, ils sont aussi ceux-là qui ont exercé les plus hautes responsabilités, au plan national et international et de tout premier niveau, en tant que Premier ministre, ministre et président de la commission de l’UEMOA.
Peut-être est-ce la rançon de leur réussite relative dans le cadre de cette élection ?
Le constat en est que le phénomène de “désagrègement” politique des candidats se manifeste par la lourde faiblesse de leurs scores à cette élection présidentielle. Cela ne pourra même plus s’expliquer par la faible participation des électeurs au scrutin, ces deniers se sont déplacés massivement au point d’améliorer considérablement le taux de participation qui lui a augmenté à un niveau jamais égalé.
Quelles peuvent en être les raisons : le dégout politique, l’absence ou la perte de confiance, le désintérêt, le rejet de la démocratie ou sa mauvaise perception…
Cela nous interpelle tous, mais plus nettement encore les candidats eux-mêmes et en premier.
Chacun d’entre eux devrait faire son examen de conscience complet et questionner son libre arbitre.